Lexique
Langage — Capacité humaine à produire, comprendre et combiner des signes pour exprimer des significations, communiquer et accomplir des actes. Le langage dépasse la parole sonore : il peut mobiliser des langues signées, des systèmes écrits et des conventions partagées.
Langue — Système socialement partagé de signes et de règles qui permet aux membres d’une communauté de construire des énoncés. Une langue possède notamment un lexique et une grammaire ; elle se distingue de la faculté générale de langage et des usages individuels de la parole.
Parole — Mise en œuvre singulière d’une langue par un locuteur dans une situation donnée. Chez Saussure, la parole se distingue de la langue comme système collectif ; elle fait intervenir des choix, des intentions et des circonstances particulières.
Signe — Élément perceptible ou reconnaissable qui renvoie à autre chose que lui-même. Selon les cas, ce rapport repose sur une convention, une ressemblance ou une relation causale ; les mots des langues fonctionnent principalement à l’intérieur de systèmes de conventions.
Signifiant — Dans la linguistique saussurienne, face sensible ou forme identifiable d’un signe linguistique, traditionnellement conçue comme image acoustique. Il se distingue du signifié, c’est-à-dire du concept associé, sans constituer à lui seul la signification complète.
Signifié — Concept associé à un signifiant au sein d’un signe linguistique, dans la théorie de Saussure. Il ne se confond pas nécessairement avec l’objet réel auquel on fait référence : un mot peut être compris même lorsqu’il ne désigne aucun être existant.
Arbitraire du signe — Principe saussurien selon lequel le lien entre un signifiant et un signifié n’est généralement pas imposé par une nécessité naturelle. Cette convention n’autorise pas chaque locuteur à changer librement les mots : leur usage dépend d’une communauté linguistique.
Signification — Rapport par lequel un mot ou un énoncé possède un sens intelligible dans une langue et une situation. La signification dépend des règles linguistiques et des usages, mais ne se réduit pas toujours à l’objet concret éventuellement désigné.
Référence — Relation entre une expression linguistique et l’être, l’objet ou la situation auxquels elle renvoie. Deux expressions peuvent avoir la même référence tout en présentant des sens différents ; certaines expressions intelligibles n’ont aucun référent réel.
Énoncé — Suite de signes produite dans une situation de communication et susceptible d’exprimer une proposition, une question, un ordre ou un engagement. La compréhension d’un énoncé dépend de sa structure linguistique ainsi que de son contexte d’emploi.
Pragmatique — Domaine de l’étude du langage consacré à son usage en situation et aux effets des paroles sur leurs destinataires. Il examine notamment les intentions communicatives, les présupposés, le contexte et les actes accomplis en parlant.
Acte de langage — Action accomplie au moyen d’un énoncé, comme promettre, ordonner, avertir ou remercier. Les théories d’Austin et de Searle montrent que le langage ne sert pas seulement à décrire le monde, mais aussi à modifier des relations et des engagements.
Énoncé performatif — Énoncé qui, dans des conditions institutionnelles ou sociales appropriées, accomplit l’action qu’il énonce, par exemple formuler une promesse. Chez Austin, son efficacité dépend du contexte et des conventions, et non de la seule vérité d’une description.
Polysémie — Propriété d’un mot possédant plusieurs sens liés entre eux, selon les usages et les contextes. Elle montre que le vocabulaire ne fonctionne pas comme un catalogue de correspondances uniques entre mots et choses ; l’interprétation dépend de l’énoncé entier.
Traduction — Opération consistant à reformuler dans une langue un contenu exprimé dans une autre, en cherchant à préserver des significations et des effets pertinents. La traduction oblige souvent à choisir entre plusieurs équivalences imparfaites, notamment pour les images, les nuances et les contextes culturels.