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FICHE 43 / 50

Les Einsatzgruppen à l’Est : fusillades de masse et première phase du génocide des Juifs soviétiques

Les Einsatzgruppen sont des unités mobiles placées sous l’autorité de la SS et du service de sécurité nazi. Quatre groupes principaux accompagnent l’armée allemande lors de l’invasion de l’URSS à partir du 22 juin 1941. Leur mission initiale inclut l’élimination de responsables communistes, de cadres soviétiques et d’autres personnes désignées comme ennemies. Très rapidement, leur action se concentre sur les populations juives. La guerre à l’Est crée un espace où le régime nazi estime pouvoir appliquer sans limite son projet racial, en lien avec les autorités militaires, policières et administratives présentes dans les territoires occupés.

Les massacres sont organisés localement à partir de listes, de recensements, de convocations ou de rafles. Des unités de police, des auxiliaires locaux et parfois des éléments de la Wehrmacht participent directement ou apportent une aide logistique. L’un des exemples les plus connus est le massacre de Babi Yar, près de Kiev, à la fin de septembre 1941, où des dizaines de milliers de Juifs sont assassinés en deux jours. De telles opérations se déroulent dans de nombreuses régions d’Ukraine, de Biélorussie, des pays baltes et de Russie occupée.

Cette phase est souvent désignée comme la « Shoah par balles ». L’expression souligne que le génocide commence avant la généralisation des centres de mise à mort. À l’été et à l’automne 1941, la cible s’élargit des hommes adultes aux familles entières. Cette évolution montre la radicalisation rapide de la politique allemande. Elle révèle aussi l’importance des interactions entre idéologie centrale et initiatives locales : les commandants savent que le pouvoir attend une violence croissante contre les populations définies comme raciales ou politiques ennemies.

Les Einsatzgruppen n’agissent donc pas isolément. Leur efficacité meurtrière dépend de la coopération d’un ensemble d’administrations, de forces de sécurité et de réseaux locaux. Cette réalité est historiquement essentielle, car elle empêche de réduire le génocide à un petit groupe spécialisé. Les massacres à l’Est montrent comment une occupation militaire peut devenir le cadre d’une politique d’extermination. Ils éclairent également la transition vers des méthodes de mise à mort plus centralisées à partir de la fin de 1941. Le génocide des Juifs d’Europe se développe ainsi par étapes, sans que les phases précédentes disparaissent immédiatement lorsque de nouveaux dispositifs sont mis en place.