À la fin des années 1920, les États-Unis semblent incarner la prospérité. La production industrielle a fortement progressé depuis la Première Guerre mondiale, le crédit soutient la consommation et la Bourse attire une part croissante de l’épargne. Cette expansion masque pourtant des déséquilibres. Les cours des actions augmentent beaucoup plus vite que les profits des entreprises et de nombreux investisseurs achètent des titres à crédit, selon le principe de l’achat sur marge. La spéculation ne crée donc pas la crise à elle seule, mais elle rend le système financier extrêmement vulnérable à un retournement de confiance.
À partir de septembre 1929, les cours deviennent instables. Le 24 octobre, le « jeudi noir », une vague d’ordres de vente provoque une chute brutale. Les interventions de grandes banques freinent momentanément la panique, sans la supprimer. Les 28 et 29 octobre, les ventes reprennent et l’indice Dow Jones s’effondre. Le krach détruit une partie du patrimoine financier, fragilise les banques ayant prêté aux spéculateurs et pousse ménages comme entreprises à réduire leurs dépenses. La contraction du crédit transforme alors un choc boursier en crise de financement, puis en recul de la production et de l’emploi.
Le krach constitue donc un déclencheur et un accélérateur, non une explication suffisante de la Grande Dépression. L’économie américaine souffrait déjà de surcapacités industrielles, d’une agriculture en difficulté, d’inégalités élevées et d’un endettement important. Après 1929, les faillites bancaires, la baisse des prix et le chômage alimentent une spirale dépressive. Entre 1929 et 1933, le produit intérieur brut réel américain recule d’environ un quart et le chômage atteint près de 25 % de la population active. La crise de Wall Street devient ainsi le point de départ visible d’une dépression beaucoup plus profonde, bientôt internationale.
