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FICHE 39 / 238

11 septembre 2001 : Al-Qaïda frappe le territoire américain et transforme l’agenda international

Le 11 septembre 2001, dix-neuf membres d’Al-Qaïda détournent quatre avions de ligne. Deux sont projetés contre les tours du World Trade Center à New York, un troisième contre le Pentagone et le quatrième s’écrase en Pennsylvanie après la révolte de passagers. Près de 3 000 personnes sont tuées. Par sa cible, sa préparation et sa diffusion mondiale en direct, l’attaque porte un choc politique et symbolique sans commune mesure avec les attentats précédents contre des intérêts américains.

Le 11 septembre modifie immédiatement les priorités de Washington. Le Congrès adopte le 18 septembre une autorisation d’emploi de la force contre les responsables des attaques et leurs soutiens. Le Conseil de sécurité, par la résolution 1368 du 12 septembre, reconnaît le droit de légitime défense et appelle à une coopération internationale contre le terrorisme. L’OTAN considère pour la première fois que l’article 5 du traité de Washington peut s’appliquer, sous réserve de la confirmation de l’origine extérieure de l’attaque.

La rupture tient moins à l’apparition du terrorisme qu’à sa transformation en principe organisateur de la stratégie américaine. Washington définit désormais un espace de confrontation mondial qui ne se limite pas à un territoire ou à un État. Cette réponse donnera aux États-Unis une grande latitude d’action, mais elle brouillera aussi les frontières entre guerre, police, renseignement et droit pénal. L’article 5 de l’OTAN est formellement déclenché après confirmation, le 2 octobre 2001, que les attaques avaient été dirigées depuis l’étranger.