L’Arabie saoudite fonde une grande partie de sa puissance sur ses ressources pétrolières, son rôle dans l’OPEP et son statut de gardienne des lieux saints de La Mecque et Médine. Depuis la rencontre entre Franklin Roosevelt et le roi Ibn Saoud en 1945, la relation avec les États-Unis repose sur un échange stratégique : sécurité et armements américains contre stabilité de l’approvisionnement énergétique et coopération régionale. Cette alliance survit à de nombreuses crises malgré des divergences importantes.
Le 11 septembre crée une tension particulière puisque quinze des dix-neuf pirates de l’air sont saoudiens, même si l’État saoudien n’est pas présenté par les enquêtes américaines comme organisateur des attentats. Riyad renforce ensuite sa lutte contre Al-Qaïda après une série d’attaques sur son propre territoire. Dans le même temps, la chute de Saddam Hussein en 2003 augmente l’influence régionale de l’Iran, ce qui accentue une rivalité saoudo-iranienne déjà ancienne.
Cette compétition se déploie par acteurs interposés au Liban, en Syrie, en Irak et surtout au Yémen, où une coalition dirigée par Riyad intervient à partir de mars 2015 contre les Houthis soutenus par l’Iran. Sous Mohammed ben Salmane, devenu prince héritier en 2017, le royaume combine réformes économiques et sociales, centralisation politique et diplomatie plus active. Sa puissance repose donc à la fois sur le pétrole, les alliances et la compétition pour l’ordre régional. L’alliance américano-saoudienne, consolidée depuis les années 1940, repose sur des intérêts de sécurité et d’énergie mais connaît régulièrement des tensions sur les questions régionales et politiques.
