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FICHE 115 / 238

L’Inde depuis les années 1990 : libéralisation économique et affirmation internationale

En 1991, l’Inde connaît une grave crise de balance des paiements. Le gouvernement de Narasimha Rao et son ministre des Finances Manmohan Singh engage des réformes : réduction de certaines licences industrielles, ouverture au commerce et aux investissements étrangers, réforme fiscale et dérégulation progressive. Il ne s’agit pas d’un abandon total de l’État, mais d’une rupture avec le système très administré construit après l’indépendance.

La croissance accélère dans les décennies suivantes, portée notamment par les services, l’informatique, les télécommunications et un vaste marché intérieur. Bangalore devient un centre technologique mondial. L’Inde reste cependant marquée par de fortes inégalités, des infrastructures inégales et un secteur informel très important. Sa montée économique permet une diplomatie plus ambitieuse : coopération avec les États-Unis, maintien de liens avec la Russie, rôle dans les BRICS et affirmation dans l’océan Indien. L’émergence indienne combine donc ouverture économique et stratégie d’autonomie.

Les réformes de 1991 sont donc un point d’accélération plutôt qu’une naissance soudaine du marché indien. Certaines ouvertures commencent dans les années 1980, et l’État continue ensuite de jouer un rôle important dans l’industrie, les infrastructures et la redistribution.