Créée le 1er janvier 1995 à l’issue du cycle d’Uruguay du GATT, l’Organisation mondiale du commerce constitue l’institution centrale du commerce multilatéral. Elle reprend les règles du GATT et les étend notamment aux services et à la propriété intellectuelle. Son objectif n’est pas de supprimer toutes les protections, mais d’encadrer les échanges par des règles communes, négociées entre États.
L’une de ses innovations majeures est l’Organe de règlement des différends. Un État peut contester une mesure commerciale d’un autre membre et obtenir, après procédure, l’autorisation d’adopter des représailles si la règle commune n’est pas respectée. L’OMC contribue ainsi à juridiciser une partie des rivalités économiques. Son élargissement, notamment avec l’entrée de la Chine en 2001, accompagne l’intégration de nouvelles puissances dans le système commercial mondial.
À partir des années 2000, le fonctionnement de l’organisation se heurte toutefois à des divergences croissantes entre économies développées et pays émergents. Le cycle de Doha, lancé en 2001, s’enlise. Depuis 2019, la paralysie de l’organe d’appel, liée au blocage américain des nominations, fragilise le système de règlement des différends. L’OMC reste donc un cadre essentiel, mais elle reflète désormais un monde commercial plus conflictuel et moins facilement gouvernable par le consensus. L’OMC entre en fonction le 1er janvier 1995 à l’issue du cycle d’Uruguay ; son mécanisme de règlement des différends lui donne une portée juridique supérieure à celle du GATT.
