La fin de la confrontation américano-soviétique débloque partiellement le Conseil de sécurité. Pendant la guerre froide, le veto des grandes puissances avait souvent paralysé l’organisation sur les crises majeures. Au début des années 1990, le nombre d’opérations de maintien de la paix augmente rapidement et leurs missions deviennent plus ambitieuses : surveillance de cessez-le-feu, organisation d’élections, désarmement, aide humanitaire ou reconstruction institutionnelle. L’ONU paraît pouvoir devenir l’instrument central d’un ordre international plus coopératif.
La guerre du Golfe donne une première illustration spectaculaire de cette capacité retrouvée. En 1992, le secrétaire général Boutros Boutros-Ghali publie l’Agenda pour la paix, qui propose de renforcer prévention des conflits, maintien et rétablissement de la paix. Des opérations complexes sont lancées au Cambodge, en Somalie, en ex-Yougoslavie ou au Mozambique. L’organisation ne se contente plus d’interposer des soldats entre deux États ; elle tente parfois d’agir au cœur de guerres civiles.
Cette extension révèle cependant les limites du système. L’ONU ne dispose ni d’une armée permanente ni d’une volonté politique propre indépendante des États membres. Les mandats peuvent être ambigus, les moyens insuffisants et les grandes puissances réticentes à prendre des risques. Les échecs de Somalie, de Bosnie et du Rwanda rappellent que la sécurité collective dépend toujours de décisions politiques nationales. Entre 1988 et 1993, le nombre d’opérations de maintien de la paix augmente fortement, signe de l’optimisme institutionnel qui accompagne la fin de la bipolarité.
