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FICHE 03 / 238

Les États-Unis après 1991 : la puissance victorieuse face à un monde sans rival équivalent

La disparition de l’URSS laisse les États-Unis dans une position sans précédent depuis la naissance du système international moderne. Ils disposent de la première économie mondiale, du dollar comme principale monnaie internationale, d’un réseau d’alliances global et d’une supériorité militaire technologique considérable. Leur capacité à projeter rapidement des forces, démontrée pendant la guerre du Golfe, ne trouve alors aucun équivalent. L’OTAN demeure sous leadership américain, tandis que Washington joue un rôle central au FMI, à la Banque mondiale et dans la libéralisation du commerce mondial.

Cette prééminence ne signifie pourtant pas que les États-Unis contrôlent l’ensemble du système. La Russie conserve l’arme nucléaire et un siège permanent au Conseil de sécurité ; l’Union européenne et le Japon constituent de grands pôles économiques ; la Chine connaît déjà une croissance rapide. Les conflits des années 1990 montrent aussi que la supériorité militaire n’offre pas automatiquement une solution politique. En Somalie, dans les Balkans ou au Moyen-Orient, Washington doit arbitrer entre retrait, coalition, diplomatie et emploi de la force.

Les États-Unis deviennent ainsi moins un « empire mondial » qu’une puissance centrale capable de structurer une grande partie des règles et des coalitions de l’après-guerre froide. Leur domination est réelle, mais elle repose sur des institutions, des alliances et l’acceptation plus ou moins consentie d’autres États. L’enjeu des années 1990 consiste précisément à déterminer si cette prééminence peut être transformée en ordre international durable. Cette prééminence repose également sur un réseau de bases et d’alliances hérité de la guerre froide, que Washington conserve au lieu de le démanteler.