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FICHE 100 / 238

La Chine après Tian’anmen : maintenir l’autoritarisme tout en accélérant les réformes économiques

La répression du mouvement de Tian’anmen en juin 1989 provoque un isolement diplomatique temporaire et un ralentissement des réformes. Le Parti communiste chinois refuse toute démocratisation politique susceptible, selon ses dirigeants, de reproduire l’effondrement soviétique. Dans le même temps, le pouvoir comprend que sa légitimité dépend de plus en plus de la croissance, de l’amélioration du niveau de vie et de l’intégration économique internationale.

Deng Xiaoping relance donc l’ouverture au début des années 1990, tout en maintenant le monopole politique du Parti. Les autorités combinent économie de marché, entreprises publiques puissantes, investissements étrangers et contrôle politique. Cette trajectoire rompt avec l’idée selon laquelle le développement capitaliste conduirait automatiquement à la démocratie libérale. La Chine construit un système hybride : concurrence économique croissante et insertion mondiale d’un côté, parti unique et répression de l’opposition organisée de l’autre.

Cette stratégie contribue à déplacer la source de légitimité du régime : la révolution et l’idéologie maoïste cèdent une place croissante à la performance économique, au nationalisme et à la promesse de stabilité. Le Parti change donc de justification sans abandonner son monopole. La répression de 1989 est suivie d’un bref ralentissement des réformes, mais le Parti choisit rapidement de préserver son monopole politique tout en relançant l’ouverture économique.