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FICHE 151 / 238

La citoyenneté européenne : construire une appartenance politique au-delà des États

Le traité de Maastricht institue une citoyenneté de l’Union pour toute personne possédant la nationalité d’un État membre. Elle ne remplace pas la nationalité nationale : elle s’y ajoute. Ce choix reflète la volonté de donner une dimension politique à une construction jusque-là largement associée au marché et aux politiques communes.

Les citoyens européens obtiennent notamment le droit de circuler et séjourner dans l’Union sous certaines conditions, ainsi que le droit de voter et d’être candidat aux élections municipales et européennes dans leur État de résidence. Ils peuvent également bénéficier de la protection consulaire d’un autre État membre lorsque leur propre pays n’est pas représenté et adresser des pétitions au Parlement européen.

La portée symbolique est importante, mais le sentiment d’appartenance européenne reste très variable. Les droits sont souvent utilisés sans être perçus comme l’expression d’une citoyenneté comparable à la citoyenneté nationale. La construction européenne produit donc une situation politique originale : des individus disposent de droits transnationaux directement attachés à leur statut, tandis que la majorité des solidarités fiscales, sociales et démocratiques reste organisée dans les États. Cette superposition de droits constitue l’une des innovations les plus originales de l’intégration européenne.