Après les indépendances africaines, la France conserve avec plusieurs anciennes colonies des relations militaires, économiques et politiques très étroites. Le terme « Françafrique », devenu critique, désigne des réseaux mêlant coopération officielle, liens personnels entre dirigeants, bases militaires et parfois interventions visant à préserver des régimes alliés. Dans les années 1990, ce système est de plus en plus contesté.
Le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 provoque une crise profonde de l’image française en Afrique. Par la suite, Paris affirme vouloir normaliser ses relations, réduire les réseaux informels et inscrire davantage ses interventions dans des cadres multilatéraux. La France reste toutefois très présente : Côte d’Ivoire dans les années 2000, Mali à partir de 2013, République centrafricaine en 2013. Elle conserve aussi une importante coopération monétaire et militaire avec plusieurs États.
Au XXIe siècle, l’influence française est concurrencée par la Chine, la Turquie, les pays du Golfe, la Russie et d’autres acteurs. Dans plusieurs pays du Sahel, un fort sentiment antifrançais accompagne les coups d’État et le retrait des forces françaises. La fin de la « Françafrique » ne signifie donc pas disparition de la relation, mais passage d’une position privilégiée à une compétition plus ouverte et contestée.
