Le Kosovo possède une majorité albanaise mais une forte valeur historique et symbolique pour le nationalisme serbe. Son autonomie, déjà réduite à la fin des années 1980, est pratiquement supprimée par Belgrade en 1989-1990. Sous la direction d’Ibrahim Rugova, une grande partie des Albanais du Kosovo développe dans les années 1990 une stratégie de résistance non violente et construit des institutions parallèles. L’absence de résultat politique favorise progressivement l’Armée de libération du Kosovo, l’UÇK, qui privilégie la lutte armée.
À partir de 1998, les affrontements entre l’UÇK et les forces serbes s’intensifient. La répression menée par les autorités yougoslaves provoque des déplacements massifs et des violences contre les civils. Le massacre de Račak en janvier 1999 renforce la pression internationale, même si son interprétation fait immédiatement l’objet d’une bataille politique. Les négociations de Rambouillet, en février-mars, échouent à obtenir un accord acceptable par Belgrade et les représentants albanais.
La crise du Kosovo concentre alors plusieurs questions nouvelles : jusqu’où la souveraineté d’un État protège-t-elle ses choix internes ? Une alliance militaire peut-elle intervenir pour prévenir une catastrophe humanitaire sans autorisation explicite du Conseil de sécurité ? Ces interrogations débouchent directement sur la campagne aérienne de l’OTAN au printemps 1999. La crise s’internationalise surtout en 1998, lorsque l’affrontement entre forces serbes et Armée de libération du Kosovo s’accompagne d’une répression croissante contre les civils albanais.
