Le Hezbollah apparaît au Liban au début des années 1980 dans le contexte de l’invasion israélienne de 1982, de la guerre civile libanaise et de la révolution iranienne. L’Iran, par l’intermédiaire des Gardiens de la révolution, apporte un soutien idéologique, financier et militaire décisif à sa formation. Le mouvement se construit dans la population chiite libanaise et développe à la fois une organisation armée, un réseau social et une présence politique.
Après la fin de la guerre civile libanaise en 1990, le Hezbollah conserve ses armes au nom de la résistance à l’occupation israélienne du Sud-Liban. Israël se retire en mai 2000. Le mouvement gagne alors un prestige important, tout en maintenant un appareil militaire indépendant de l’armée libanaise. La guerre de 2006 avec Israël confirme sa capacité à mener un conflit prolongé et à lancer des milliers de roquettes, même au prix de destructions considérables au Liban.
Le Hezbollah est un relais essentiel de la stratégie régionale iranienne, mais le qualifier de simple « instrument » serait réducteur. Il possède une base sociale, des intérêts libanais et une autonomie de décision relative. Son intervention aux côtés de Bachar al-Assad en Syrie à partir de 2012-2013 montre néanmoins l’intégration croissante de son appareil militaire à l’« axe de la résistance » structuré par Téhéran. Le retrait israélien du Sud-Liban en mai 2000 renforce la légitimité du Hezbollah comme mouvement de « résistance », tandis que la guerre de 2006 confirme son poids militaire et politique.
