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FICHE 195 / 238

Le mouvement des Gilets jaunes : pouvoir d’achat, territoires et crise de la représentation

Le mouvement des Gilets jaunes débute à l’automne 2018 autour de la hausse prévue de la fiscalité sur les carburants. Les premières mobilisations du 17 novembre rassemblent des centaines de milliers de personnes sur des ronds-points, axes routiers et péages. Très vite, les revendications dépassent la taxe : pouvoir d’achat, justice fiscale, services publics, démocratie directe et sentiment d’abandon territorial deviennent centraux. Le mouvement se caractérise par l’absence d’organisation syndicale ou partisane unique.

La géographie de la mobilisation est importante. Les participants viennent souvent de petites villes, d’espaces périurbains ou ruraux où l’automobile est indispensable pour travailler et accéder aux services. Les manifestations parisiennes donnent au conflit une visibilité spectaculaire, notamment lors des violences du 1er décembre 2018 autour de l’Arc de Triomphe. Le gouvernement suspend puis abandonne la hausse de taxe, annonce des mesures de pouvoir d’achat et organise au début de 2019 un « grand débat national ».

Les Gilets jaunes révèlent une crise de représentation plus large. Beaucoup de participants rejettent les médiations traditionnelles — partis, syndicats, médias — et revendiquent une parole directe. Le mouvement ne peut cependant être réduit à un seul groupe social ni à une opposition simple entre métropoles et périphéries. Il exprime plutôt la rencontre entre contraintes de mobilité, stagnation perçue du niveau de vie, défiance institutionnelle et demande de reconnaissance.