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FICHE 92 / 238

Le pétrole et le gaz : fondements économiques de la restauration de la puissance russe

La Russie possède d’immenses réserves d’hydrocarbures héritées de l’URSS. Au début des années 2000, la hausse des prix du pétrole et du gaz apporte des recettes fiscales considérables, soutient le rouble et permet de rembourser une partie de la dette extérieure. L’État crée des fonds de stabilisation et reconstitue des réserves financières. Cette amélioration économique contribue fortement à la popularité de Vladimir Poutine après la crise des années 1990.

L’énergie est aussi un instrument géopolitique. Gazprom fournit une part importante du gaz consommé en Europe et les infrastructures de pipelines structurent les relations avec l’Ukraine, la Biélorussie et l’Union européenne. Moscou peut négocier les prix et les itinéraires, tandis que les Européens cherchent à diversifier leurs approvisionnements. Cette puissance comporte une fragilité : la dépendance budgétaire aux hydrocarbures expose la Russie aux cycles de prix et ralentit la diversification de son économie. La ressource énergétique renforce donc l’État tout en créant une dépendance structurelle.

La chute des prix lors de la crise de 2008 puis de nouveau au milieu des années 2010 rappelle cette vulnérabilité. La rente énergétique finance une capacité d’action internationale accrue, mais elle ne remplace pas une base productive diversifiée. La hausse des cours des hydrocarbures facilite le redressement des finances publiques, mais elle ne suffit pas à expliquer la croissance, également soutenue par la dévaluation de 1998 et des réformes fiscales.