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FICHE 125 / 238

Les chaînes de valeur mondiales : produire un même bien à l’échelle de plusieurs continents

À partir des années 1980-1990, la production internationale se fragmente de plus en plus. Un produit peut être conçu dans un pays, incorporer des composants issus de plusieurs autres, être assemblé ailleurs puis vendu à l’échelle mondiale. Cette organisation en chaînes de valeur mondiales devient un trait majeur de l’économie contemporaine, particulièrement dans l’électronique, l’automobile, le textile ou la pharmacie.

Cette fragmentation est rendue possible par la baisse des coûts de transport, les technologies de l’information et la standardisation des processus. Elle permet aux entreprises de localiser chaque étape là où le rapport entre coût, compétence et sécurité d’approvisionnement paraît le plus favorable. Tous les pays ne captent pas la même valeur : les activités de conception, de logiciel, de marque et de distribution peuvent générer davantage de revenus que l’assemblage final.

Les crises révèlent toutefois la vulnérabilité de ces réseaux. La crise financière de 2008, la pandémie de Covid-19 et les tensions commerciales sino-américaines montrent qu’une rupture dans un maillon peut affecter rapidement plusieurs continents. Depuis les années 2020, les notions de relocalisation, de diversification des fournisseurs et de « friend-shoring » traduisent une évolution : l’efficacité économique reste importante, mais elle est désormais mise en balance avec la résilience et la sécurité stratégique. Une chaîne de valeur mondiale répartit non seulement les étapes de production, mais aussi des fonctions inégalement rémunératrices comme la conception, la logistique, le financement ou la commercialisation.