Né en Arabie saoudite en 1957 dans une riche famille d’entrepreneurs, Oussama ben Laden s’engage dans les réseaux de soutien aux combattants afghans après l’invasion soviétique de 1979. Sa fortune, ses contacts et son prestige de vétéran lui donnent une place croissante parmi les volontaires arabes. La guerre d’Afghanistan nourrit chez lui l’idée qu’un engagement religieux transnational peut vaincre une grande puissance, même si la défaite soviétique résulte en réalité d’un ensemble beaucoup plus large de facteurs militaires, économiques et politiques.
La rupture avec la monarchie saoudienne s’accélère après l’installation de troupes américaines en Arabie saoudite pendant la crise du Golfe. Ben Laden quitte le royaume, séjourne au Soudan puis revient en Afghanistan en 1996. Cette année-là, il publie une déclaration de guerre contre les États-Unis ; en février 1998, il cosigne avec Ayman al-Zawahiri une déclaration appelant à tuer des Américains et leurs alliés. Il devient ainsi le visage d’un djihadisme orienté vers l’« ennemi lointain ».
Après le 11 septembre, ben Laden échappe pendant près de dix ans aux forces américaines. Il est tué à Abbottabad, au Pakistan, lors d’un raid américain dans la nuit du 1er au 2 mai 2011. Sa mort affaiblit la direction historique d’Al-Qaïda sans supprimer l’idéologie ni les organisations qui s’en réclament. Après son séjour au Soudan de 1991 à 1996, ben Laden retrouve en Afghanistan un sanctuaire qui facilite l’organisation, l’entraînement et la préparation d’opérations internationales.
