Taïwan est gouvernée séparément de la Chine continentale depuis 1949, lorsque le gouvernement nationaliste de Chiang Kai-shek s’y replie. La République populaire considère l’île comme une province destinée à être réunifiée et refuse toute indépendance formelle. Taïwan se démocratise à partir des années 1980 et organise sa première élection présidentielle au suffrage universel direct en 1996. Cette démocratisation renforce une identité politique distincte.
Les États-Unis reconnaissent diplomatiquement Pékin depuis 1979 mais conservent, avec le Taiwan Relations Act, la capacité de fournir des armes à l’île. Washington pratique une « ambiguïté stratégique » sur la forme exacte de son intervention en cas de conflit. Les échanges économiques entre les deux rives deviennent considérables tandis que la compétition politique persiste. Taïwan concentre donc une contradiction majeure : intégration économique, divergence identitaire et rivalité stratégique entre les deux premières puissances du système international.
La crise du détroit de 1995-1996 constitue un jalon majeur : des exercices militaires chinois cherchent à peser sur l’élection taïwanaise, tandis que les États-Unis déploient des groupes aéronavals. Elle révèle déjà la dimension internationale de la démocratisation de l’île. La démocratisation transforme ainsi la question taïwanaise en conflit de souveraineté, mais aussi de légitimité politique.
