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FICHE 47 / 80

La montée du Front national : immigration, insécurité et recomposition du système partisan

Fondé en 1972, le Front national reste longtemps marginal. Son ascension électorale commence véritablement au début des années 1980. À Dreux, lors des élections municipales de 1983, sa liste obtient un score important et fusionne au second tour avec la droite locale. Aux élections européennes de juin 1984, le parti de Jean-Marie Le Pen recueille près de 11 % des voix. La représentation proportionnelle aux législatives de 1986 lui permet ensuite de faire élire 35 députés.

Plusieurs facteurs se combinent. Le chômage et la désindustrialisation nourrissent un sentiment d’insécurité sociale. L’immigration devient un thème politique de plus en plus central, auquel le FN associe la sécurité et l’identité nationale. Le parti profite également de l’affaiblissement du Parti communiste dans certains milieux populaires et de la médiatisation croissante de Jean-Marie Le Pen. Les choix stratégiques des partis de gouvernement jouent aussi un rôle dans sa visibilité. La progression du FN doit aussi être distinguée de la simple disparition du vote communiste : les trajectoires électorales sont multiples et la recomposition s’effectue sur plusieurs scrutins, territoires et catégories sociales.

Il serait donc simplificateur d’expliquer la progression du FN par une seule cause ou par un déplacement automatique des ouvriers communistes vers l’extrême droite. Son électorat est socialement divers et varie selon les territoires. La nouveauté des années 1980 tient surtout à son installation durable dans la compétition électorale nationale, qui modifie les stratégies de la droite et de la gauche.