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FICHE 70 / 80

Le putsch d’août 1991 : l’échec des conservateurs détruit l’autorité du centre soviétique et accélère les indépendances

À l’été 1991, Gorbatchev négocie un nouveau traité de l’Union destiné à transformer l’URSS en une fédération beaucoup plus souple. Pour des responsables conservateurs de l’armée, du KGB, du gouvernement et du Parti, cette réforme menace l’existence même de l’État soviétique. Le 19 août, alors que le traité doit être signé le lendemain, un Comité d’État pour l’état d’urgence annonce que Gorbatchev est incapable d’exercer ses fonctions. Le président soviétique est en réalité isolé dans sa résidence de Foros, en Crimée.

Les putschistes déploient des blindés à Moscou, mais hésitent à employer une violence massive. Boris Eltsine, président élu de la République de Russie depuis juin, rejoint la Maison-Blanche, siège du Parlement russe, et appelle à résister. Son image debout sur un char devient le symbole de l’échec du coup d’État. Une partie des forces armées refuse de suivre les conspirateurs. Le 21 août, leur tentative s’effondre et Gorbatchev revient à Moscou.

Le rapport de forces a cependant changé. Gorbatchev retrouve formellement la présidence de l’URSS, mais Eltsine apparaît comme le principal vainqueur politique. Les activités du Parti communiste sont suspendues en Russie, plusieurs institutions centrales perdent leur autorité et les républiques accélèrent leurs proclamations d’indépendance. Le putsch n’invente donc pas la crise de l’Union ; il détruit les dernières possibilités de compromis entre un centre rénové et des républiques autonomes. En voulant sauver l’URSS, les conservateurs précipitent sa désintégration. Le 6 septembre 1991, le Conseil d’État de l’URSS reconnaît l’indépendance de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, signe supplémentaire de l’effondrement de l’autorité fédérale après le putsch.