Le 11 mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev devient secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique. Âgé de 54 ans, il appartient à une génération plus jeune que ses prédécesseurs et hérite d’un pays confronté au ralentissement économique, au retard technologique, au coût de la compétition militaire et à une profonde inertie administrative. Son projet initial n’est pas d’abolir le socialisme soviétique. Il veut le rendre plus efficace et restaurer la capacité d’action d’une superpuissance en perte de dynamisme.
Les premières mesures parlent d’« accélération », puis la réforme prend une ampleur plus grande. La perestroïka cherche à transformer le fonctionnement économique ; la glasnost élargit progressivement la liberté de discussion. Gorbatchev renouvelle une partie des cadres du Parti et introduit des formes de compétition électorale. En politique extérieure, il promeut une « nouvelle pensée » : réduction des tensions avec les États-Unis, traité INF de décembre 1987, retrait d’Afghanistan et refus croissant d’employer la force pour maintenir les régimes d’Europe de l’Est. La politique de non-intervention en Europe de l’Est n’est pas annoncée par un traité unique : elle devient progressivement crédible entre 1988 et 1989, lorsque Moscou accepte que les gouvernements alliés choisissent leur propre voie.
Cette combinaison ouvre une dynamique que le dirigeant contrôle de moins en moins. Les réformes économiques perturbent les mécanismes existants sans créer immédiatement un système de marché cohérent. La liberté de parole révèle l’ampleur des problèmes jusque-là dissimulés. Les élections donnent une tribune aux opposants et les nationalités soviétiques utilisent l’ouverture pour réclamer davantage de souveraineté. Gorbatchev transforme donc profondément l’URSS, tout en poursuivant jusqu’au bout l’objectif d’une Union soviétique rénovée plutôt que sa disparition.
