La France abolit la peine de mort par la loi du 9 octobre 1981. Le changement est porté par François Mitterrand, qui avait pris position contre la peine capitale pendant la campagne présidentielle, et par son garde des Sceaux Robert Badinter. Celui-ci est depuis plusieurs années l’une des principales figures abolitionnistes, notamment après avoir défendu des accusés risquant la guillotine. La dernière exécution en France avait eu lieu en septembre 1977. La dernière personne exécutée est Hamida Djandoubi, guillotiné à Marseille le 10 septembre 1977, ce qui situe précisément la proximité chronologique entre la dernière exécution et l’abolition.
Le débat parlementaire de septembre 1981 est intense. L’opinion publique reste alors majoritairement favorable au maintien de la peine de mort selon plusieurs sondages, ce qui donne à la décision une dimension politique particulière. Badinter défend une conception de la justice qui refuse à l’État le pouvoir de tuer un condamné. Le projet est adopté grâce à la majorité de gauche, avec également le soutien de quelques parlementaires de droite.
L’abolition inscrit la France dans un mouvement européen plus large. Elle modifie la hiérarchie des peines et devient progressivement un principe difficilement réversible. En 1986, la France ratifie le protocole n° 6 à la Convention européenne des droits de l’homme concernant l’abolition en temps de paix ; l’interdiction sera ensuite inscrite dans la Constitution en 2007. L’événement de 1981 dépasse donc une réforme pénale : il participe à l’affirmation d’un ordre juridique européen fondé sur les droits fondamentaux.
