Élu en novembre 1980 et investi en janvier 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison-Blanche après une décennie de stagflation et de doute sur la puissance américaine. Son programme associe conservatisme politique et économie de l’offre. Il affirme que des impôts trop élevés, une réglementation excessive et l’expansion de l’État fédéral découragent le travail, l’épargne et l’investissement. L’Economic Recovery Tax Act d’août 1981 réduit fortement les taux de l’impôt fédéral sur le revenu. Le taux marginal supérieur de l’impôt fédéral sur le revenu passe de 70 % à 50 % avec la réforme de 1981, puis à 28 % après la réforme de 1986 : la transformation du barème est donc aussi importante que la baisse moyenne de la fiscalité.
Reagan accompagne ces baisses d’impôts d’un discours de dérégulation, même si plusieurs réformes avaient commencé sous Jimmy Carter, notamment dans les transports. Son administration réduit certaines normes, affaiblit le pouvoir de plusieurs agences et adopte une attitude plus dure envers les syndicats. Le licenciement de plus de 11 000 contrôleurs aériens grévistes de PATCO en août 1981 constitue un signal politique puissant au monde du travail.
Le reaganisme ne correspond pourtant pas à un État minimal. Les dépenses militaires augmentent fortement dans le contexte de la reprise de la guerre froide, tandis que les programmes sociaux majeurs ne disparaissent pas. Les déficits fédéraux se creusent. Après la sévère récession de 1981-1982, l’économie connaît une reprise vigoureuse, soutenue aussi par la baisse progressive des taux de la Fed. Reagan installe durablement dans le débat américain l’idée que la fiscalité, la réglementation et les incitations doivent être placées au centre de la politique économique.
