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Après le dernier alunissage d'Apollo 17 en décembre 1972, aucun humain n'est retourné sur la Lune pendant plus d'un demi-siècle. Pourtant, l'intérêt pour le satellite terrestre connaît un renouveau au XXIe siècle. Cette fois, la compétition n'oppose plus seulement deux superpuissances. États-Unis, Chine, Inde, Japon, Europe et entreprises privées participent à des missions lunaires dont les objectifs associent science, prestige, préparation de vols habités et réflexion sur l'utilisation future de ressources.

Les États-Unis ont structuré ce retour autour du programme Artemis. Artemis I a effectué en 2022 un vol inhabité autour de la Lune avec le vaisseau Orion. Dans son architecture générale, le programme associe vols habités, coopération internationale et préparation d’une présence plus durable. Les Artemis Accords, lancés en 2020, proposent parallèlement des principes de coopération portant notamment sur la transparence, l’assistance, l’interopérabilité et l’utilisation des ressources. Ils montrent comment un programme technologique peut également devenir un instrument de diplomatie et de définition des normes.

La Chine développe une stratégie différente mais tout aussi ambitieuse. Le programme Chang'e enchaîne les missions robotiques : mise en orbite lunaire, alunissage, exploration de la face cachée et retour d'échantillons. Pékin coopère avec la Russie sur le projet d'une future International Lunar Research Station et cherche à attirer d'autres partenaires. La Lune devient ainsi un espace où se dessinent des coalitions, des normes concurrentes et des projets de présence à long terme.

Les ressources jouent également un rôle croissant dans les représentations. La glace d'eau repérée dans des régions polaires pourrait servir à produire de l'eau, de l'oxygène ou, théoriquement, des ergols, ce qui renforcerait l'intérêt stratégique de certains sites. Il faut néanmoins éviter de présenter une économie minière lunaire comme déjà constituée : les coûts, technologies et règles juridiques restent incertains. Le « retour vers la Lune » est donc avant tout une compétition pour l’accès, la connaissance, les standards et la capacité à organiser les futures activités. Dans un espace juridiquement non appropriable, la puissance se joue moins par annexion que par présence, infrastructures et définition des normes.