En 1934, Irène et Frédéric Joliot-Curie parviennent à produire artificiellement des noyaux radioactifs, ouvrant de nouvelles perspectives expérimentales. Irène Curie, fille de Marie et Pierre Curie, et Frédéric Joliot travaillent ensemble à l’Institut du radium de Paris. En 1934, ils démontrent qu’il est possible de produire artificiellement des éléments radioactifs. Alors que les premiers chercheurs observaient surtout des substances naturellement émettrices de rayonnements, cette découverte révèle une possibilité nouvelle : provoquer la formation de radioéléments qui n’existent pas sous la même forme dans la nature.
Ce résultat s’insère dans la succession rapide des découvertes de physique nucléaire du début des années 1930. Les laboratoires européens comparent leurs résultats et discutent les conséquences des transformations nucléaires. Il importe toutefois de distinguer la radioactivité artificielle de la fission nucléaire, découverte quelques années plus tard : il ne s’agit pas du même phénomène ni du même jalon scientifique. Les expériences de 1934 ouvrent notamment des perspectives pour l’emploi de radio-isotopes dans la recherche médicale, biologique et industrielle, même si ces applications nécessitent encore des années de développement et des règles de protection adaptées.
Le prix Nobel de chimie de 1935 consacre la portée de leurs travaux. Cette distinction souligne la continuité d’une tradition de laboratoire, sans réduire la réussite à une transmission familiale : les connaissances nouvelles résultent d’équipes, d’instruments et d’échanges scientifiques bien plus vastes. Le contexte politique devient parallèlement de plus en plus tendu, avec la montée des régimes autoritaires et la menace de guerre. À travers les radio-isotopes, la recherche fondamentale commence à offrir des outils nouveaux à d’autres disciplines, tandis que ses applications stratégiques attirent bientôt l’attention des États.
