Les destructions provoquées par les guerres mondiales incitent les États à définir des règles communes pour protéger les biens culturels. Le 14 mai 1954, la communauté internationale adopte à La Haye une convention consacrée à la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Il s’agit du premier traité international centré spécifiquement sur cet objectif.
La convention demande aux États de préparer dès le temps de paix la sauvegarde de leurs biens culturels et de respecter ceux situés sur leur territoire comme sur celui des autres parties. Elle concerne notamment les monuments, les sites archéologiques, les œuvres et les institutions qui les conservent. Le dispositif est complété par un premier protocole en 1954 puis par un second en 1999, destiné à renforcer les mécanismes de protection et les obligations des États. Le principe de protection suppose d’ailleurs deux démarches complémentaires : limiter les atteintes pendant les combats et préparer, en amont, l’inventaire et la sauvegarde des collections. L’emblème distinctif du bouclier bleu, associé à la Convention, traduit cette ambition de reconnaissance. Aucune signalisation ne peut toutefois remplacer la volonté effective des parties au conflit de respecter leurs obligations.
La Convention établit une responsabilité qui commence avant l’ouverture des hostilités : inventorier les biens, prévoir leur sauvegarde et former les acteurs concernés. Son efficacité dépend ensuite de la conduite des forces engagées et des possibilités d’enquêter sur les atteintes. Les destructions intentionnelles rappellent que certains monuments sont visés pour la mémoire qu’ils incarnent. Le droit protège donc des bâtiments et des collections, mais aussi les conditions de transmission culturelle des sociétés touchées.
