NavigationRetour au cours

La Convention adoptée par l’UNESCO le 16 novembre 1972 fait franchir une étape décisive à l’idée de patrimoine commun à l’humanité. Elle repose sur le constat que certains monuments, ensembles urbains ou espaces naturels présentent une valeur universelle exceptionnelle. Leur dégradation représenterait une perte pour l’humanité entière, même s’ils appartiennent juridiquement à un État particulier.

La convention institue une Liste du patrimoine mondial et un système de coopération entre les États parties. Les candidatures sont proposées par les gouvernements, puis examinées selon des critères précis, avec l’appui d’organismes consultatifs. L’inscription entraîne des engagements de conservation et de gestion ; elle peut aussi faciliter l’accès à une expertise internationale. Les premiers biens sont inscrits en 1978. L’approche est originale parce qu’elle associe dans un même cadre patrimoine culturel et patrimoine naturel. La valeur universelle exceptionnelle n’est pas une qualité attribuée spontanément par la fréquentation ou l’ancienneté du site. Elle doit être argumentée dans un dossier de candidature, accompagnée de garanties de protection et suivie d’une gestion effective. La démarche engage donc durablement les administrations nationales et locales, bien au-delà de la cérémonie d’inscription.

L’inscription sur la Liste mondiale possède une valeur culturelle, mais également diplomatique et économique. Elle accroît parfois la fréquentation et incite les autorités à investir dans la protection ; elle peut aussi renforcer la concurrence entre destinations et les pressions sur les habitants. Le dispositif de 1972 ne transforme donc pas automatiquement un site en espace bien conservé. Son efficacité se mesure à la gestion durable du bien, bien davantage qu’à la seule obtention d’un label international.