La crise ukrainienne commence à l’automne 2013 lorsque le président Viktor Ianoukovytch suspend la signature d’un accord d’association avec l’Union européenne. Les manifestations de Maïdan conduisent à sa fuite en février 2014. Dans ce contexte, des forces russes sans insignes prennent le contrôle de points stratégiques en Crimée, où la Russie possède déjà la base navale de Sébastopol. Un référendum organisé le 16 mars sous contrôle russe est suivi de l’annexion formelle de la péninsule par Moscou.
L’Ukraine et la grande majorité des États considèrent cette annexion comme contraire au droit international. La Russie invoque l’autodétermination et la protection des populations russophones, arguments rejetés par les gouvernements occidentaux. Les États-Unis et l’Union européenne adoptent des sanctions. Pour la première fois depuis 1945, une grande puissance européenne annexe par la force un territoire appartenant à un État voisin reconnu. La Crimée constitue donc une rupture fondamentale dans l’ordre de sécurité construit après la guerre froide.
L’événement entre aussi en tension avec le mémorandum de Budapest de 1994, dans lequel la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni avaient donné à l’Ukraine des assurances de sécurité lors de son renoncement à l’arsenal nucléaire soviétique présent sur son territoire. Le référendum organisé en Crimée le 16 mars 2014 n’est pas reconnu par l’Ukraine ni par la majorité de la communauté internationale ; l’Assemblée générale de l’ONU réaffirme l’intégrité territoriale ukrainienne le 27 mars.
