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FICHE 152 / 238

L’Union économique et monétaire : faire de la monnaie un instrument d’intégration

L’Union économique et monétaire résulte d’un long processus engagé avant Maastricht, notamment avec le Système monétaire européen de 1979. Le rapport Delors de 1989 propose une progression en plusieurs étapes vers une monnaie unique et une banque centrale indépendante. Maastricht transforme cette ambition en calendrier juridique.

Les États souhaitant adopter l’euro doivent respecter des critères concernant inflation, taux d’intérêt, déficit public, dette et stabilité du taux de change. L’objectif est d’éviter qu’une monnaie commune associe des économies aux politiques trop divergentes. La politique monétaire est centralisée, mais les politiques budgétaires restent nationales, encadrées ensuite par le Pacte de stabilité et de croissance de 1997.

Cette architecture contient une tension durable. Une monnaie unique supprime les dévaluations entre membres et réduit les coûts de transaction, mais elle prive chaque État de sa propre politique monétaire. En période de crise, les ajustements doivent passer davantage par les budgets, les prix, les salaires ou la mobilité des capitaux et du travail. La crise de la zone euro après 2010 révélera l’importance de cette asymétrie institutionnelle. L’UEM organise donc une souveraineté monétaire commune sans créer parallèlement un véritable budget fédéral européen.