La dynamique qui conduit à Maastricht ne naît pas soudainement après 1989. L’Acte unique européen, signé en 1986, fixe l’achèvement du marché intérieur et facilite les décisions à la majorité qualifiée. Ce programme renforce l’interdépendance des économies européennes. Dès lors, la stabilité monétaire devient plus importante : un marché intégré fonctionne difficilement si les monnaies connaissent de fortes variations et si les gouvernements peuvent modifier leurs taux de change pour restaurer leur compétitivité.
Au Conseil européen de Hanovre, en juin 1988, un comité présidé par Jacques Delors reçoit la mission d’étudier une union économique et monétaire. Son rapport d’avril 1989 propose trois étapes et la création à terme d’une institution monétaire indépendante. La première phase commence le 1er juillet 1990 avec une libéralisation accrue des mouvements de capitaux. Dans le même temps, la chute du mur et la réunification allemande renforcent le débat sur l’union politique. En décembre 1990 s’ouvrent deux conférences intergouvernementales, l’une monétaire, l’autre politique.
Les négociations aboutissent politiquement au Conseil européen de Maastricht des 9 et 10 décembre 1991. Elles définissent les grands équilibres du futur traité : Union européenne, monnaie unique, critères de convergence, politique étrangère et coopération en matière de justice et d’affaires intérieures.
