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Le siège de Sarajevo : une capitale européenne au cœur de la guerre

Sarajevo, capitale multiethnique de la Bosnie-Herzégovine, est encerclée par les forces serbes de Bosnie à partir du printemps 1992. Le siège dure jusqu’au début de 1996, soit près de quatre années. Depuis les hauteurs entourant la ville, artillerie et tireurs d’élite frappent quartiers résidentiels, réseaux de transport et lieux de rassemblement. Les habitants doivent organiser leur survie sous les bombardements, les pénuries d’eau, d’électricité et de nourriture.

Le siège acquiert une dimension internationale parce qu’il se déroule sous les yeux des médias et des organisations humanitaires. L’aéroport est placé sous contrôle de l’ONU afin d’acheminer de l’aide. À partir de 1993, le « tunnel de Sarajevo », creusé sous l’aéroport, permet de maintenir une liaison clandestine avec le territoire contrôlé par le gouvernement bosnien. Deux massacres au marché de Markale, en février 1994 et août 1995, deviennent des moments décisifs dans la pression internationale pour agir davantage.

Sarajevo symbolise ainsi une contradiction de l’après-guerre froide : une forte présence internationale ne signifie pas nécessairement capacité à protéger les civils. Les Casques bleus livrent de l’aide et limitent certains effets du siège, mais leur mandat ne leur permet pas d’imposer rapidement la fin des bombardements. La ville devient le symbole de la distance entre visibilité médiatique et efficacité politique. La fin effective du siège n’intervient qu’après les accords de Dayton et le déploiement d’une force internationale disposant de moyens coercitifs bien supérieurs à ceux de la FORPRONU.