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FICHE 38 / 80

10 mai 1981 : François Mitterrand et la première victoire présidentielle de la gauche sous la Ve République

Le 10 mai 1981, François Mitterrand remporte l’élection présidentielle avec 51,76 % des voix contre Valéry Giscard d’Estaing. C’est la première fois depuis la fondation de la Ve République qu’un candidat de gauche accède à l’Élysée. Le résultat couronne une stratégie engagée depuis les années 1960 : unification progressive de la gauche autour du Parti socialiste refondé à Épinay en 1971, alliance électorale avec les communistes et construction d’une candidature présidentielle crédible.

Mitterrand se présente sur les « 110 propositions pour la France », qui promettent nationalisations, décentralisation, retraite à 60 ans, suppression de la peine capitale et nouvelles protections sociales. Après son investiture le 21 mai, il nomme Pierre Mauroy Premier ministre et dissout l’Assemblée nationale. Les élections législatives de juin donnent au Parti socialiste une majorité absolue, créant des conditions institutionnelles favorables à une politique de rupture. Quatre ministres communistes entrent également au gouvernement, une première depuis 1947, ce qui matérialise encore l’union de la gauche malgré le recul électoral du PCF. Le retour de ministres communistes au gouvernement est d’autant plus symbolique que le PCF n’avait plus participé à un gouvernement français depuis mai 1947.

La victoire a une forte portée symbolique. Elle prouve que l’alternance est possible sans crise de régime et contribue à normaliser la Ve République aux yeux d’une gauche qui l’avait longtemps critiquée. Elle ouvre aussi une période d’expérimentation économique rapidement confrontée aux contraintes internationales. L’alternance de 1981 est donc simultanément un événement politique majeur et le début d’un test grandeur nature pour le programme socialiste.