Le septennat de Valéry Giscard d’Estaing juxtapose deux dynamiques qui finissent par entrer en tension. Sur le plan social, les premières années produisent une série de réformes durables : majorité à 18 ans, IVG, divorce par consentement mutuel, transformation de l’audiovisuel. Elles correspondent à une société plus individualisée et à un président qui veut rompre avec l’image hiérarchique du gaullisme sans remettre en cause la Ve République.
Sur le plan économique, la situation se dégrade. Les effets du premier choc pétrolier, puis du second en 1979, installent le chômage et entretiennent l’inflation. La politique de Raymond Barre privilégie progressivement la stabilité des prix et la compétitivité, au prix d’un sentiment de rigueur. Les fermetures d’usines et les difficultés de la sidérurgie symbolisent la fin de l’ancien modèle industriel. Le gouvernement doit aussi faire face à une opposition de gauche renforcée et à des tensions persistantes avec le RPR de Jacques Chirac, créé en 1976.
En 1981, Giscard ne peut donc plus se présenter seulement comme le président de la modernisation. L’usure du pouvoir, la division de la droite, l’affaire des diamants de Bokassa et la montée du chômage fragilisent sa campagne. François Mitterrand l’emporte le 10 mai avec 51,76 % des voix. La défaite clôt une période où la modernisation des mœurs a progressé plus vite que la capacité du pouvoir à maîtriser la crise économique. L’affaire des diamants contribue à dégrader l’image présidentielle, mais son effet électoral précis reste difficile à isoler parmi le chômage, l’usure du pouvoir et les divisions de la majorité.
