Raymond Barre devient Premier ministre le 25 août 1976, dans une France confrontée à une inflation élevée, à un chômage croissant et à un déficit extérieur préoccupant. Économiste de formation, il rompt avec l’idée qu’une relance de la demande suffirait à retrouver la croissance antérieure. Le « plan Barre » présenté en septembre 1976 cherche d’abord à casser les anticipations inflationnistes et à restaurer la compétitivité des entreprises. Le plan de septembre 1976 comporte notamment un blocage temporaire des prix et une politique de modération des revenus, avant une orientation plus durable vers la désinflation et la restauration des marges des entreprises.
La politique combine modération salariale, contrôle des dépenses publiques, mesures fiscales et effort de stabilisation monétaire. À partir de 1978, le gouvernement engage également une libération progressive de nombreux prix administrés, sous l’impulsion du ministre de l’Économie René Monory. Le franc reste toutefois fragile. Le second choc pétrolier de 1979 renchérit à nouveau l’énergie et réduit les effets de la désinflation. Le chômage continue de progresser, ce qui nourrit la critique sociale du gouvernement.
Parler d’un basculement complet vers le néolibéralisme serait excessif. L’État conserve un rôle économique considérable, les entreprises publiques restent nombreuses et la protection sociale n’est pas démantelée. La période Barre marque plutôt une inflexion : la stabilité des prix, la compétitivité et les contraintes extérieures pèsent davantage dans les choix de politique économique. Cette évolution prépare certains débats qui domineront les années 1980.
