Valéry Giscard d’Estaing remporte l’élection présidentielle du 19 mai 1974 avec 50,81 % des voix, devançant de peu François Mitterrand. Âgé de quarante-huit ans, il veut incarner une génération différente de celle du gaullisme historique. Son projet associe libéralisme politique, modernisation des mœurs et maintien des institutions de la Ve République. Il nomme Jacques Chirac à Matignon et cherche à élargir sa majorité au-delà des seuls héritiers du général de Gaulle.
Les premières années du septennat sont marquées par des réformes symboliques. La majorité civile est abaissée de 21 à 18 ans en juillet 1974. La loi Veil autorise l’interruption volontaire de grossesse en 1975, et la même année le divorce par consentement mutuel est réintroduit. L’ORTF est supprimé en 1974 au profit de plusieurs sociétés distinctes. Ces décisions traduisent la volonté d’adapter le droit à une société plus urbaine, plus individualisée et moins soumise aux normes familiales traditionnelles. La réforme de l’ORTF est décidée par la loi du 7 août 1974 et prend effet à la fin de l’année ; elle met fin à l’organisme unique sans instaurer pour autant immédiatement un paysage audiovisuel pleinement privé et concurrentiel.
Cette modernisation se heurte rapidement au contexte économique. Le premier choc pétrolier provoque inflation, ralentissement et montée du chômage. Les arbitrages économiques deviennent plus difficiles et les tensions s’accroissent au sein de la majorité. Jacques Chirac démissionne en août 1976 et Raymond Barre lui succède. Le septennat bascule alors d’une image de modernisation sociale vers une gestion plus austère de la crise.
