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FICHE 51 / 80

Le RMI en 1988 : répondre à l’installation durable de la pauvreté et du chômage

La loi du 1er décembre 1988 crée le revenu minimum d’insertion, ou RMI. Cette mesure part d’un constat : la protection sociale française, largement construite autour du travail salarié et des cotisations, couvre mal les personnes durablement éloignées de l’emploi. Le chômage de masse des années 1980 et l’apparition de formes de grande pauvreté rendent visibles des situations qui n’entrent plus dans les catégories classiques de l’assurance sociale.

Le RMI garantit un minimum de ressources aux personnes de 25 ans ou plus disposant de faibles revenus, ainsi qu’à certains moins de 25 ans ayant des enfants à charge, sous certaines conditions. Il associe cette allocation à une démarche d’insertion sociale ou professionnelle. Le dispositif repose donc sur une double logique : protéger contre l’extrême pauvreté et favoriser un retour vers l’autonomie. L’État finance principalement l’allocation, tandis que les départements jouent un rôle important dans l’insertion.

La création du RMI marque une évolution de l’État social. Il ne s’agit plus seulement d’assurer un risque lié au travail, comme la maladie ou la retraite, mais de garantir un revenu minimal face à l’exclusion durable. Le dispositif rencontre rapidement un public plus nombreux que prévu, signe de l’ampleur des nouvelles vulnérabilités. Il sera remplacé en 2009 par le revenu de solidarité active, qui cherche davantage à articuler assistance et reprise d’emploi.