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FICHE 39 / 80

Les réformes de 1981-1982 : nationalisations, hausse des prestations et transformation sociale

Les premiers gouvernements Mauroy mettent rapidement en œuvre une large partie du programme présidentiel. Le SMIC et plusieurs prestations sociales sont revalorisés dès 1981. La durée légale hebdomadaire du travail passe de 40 à 39 heures en 1982 et une cinquième semaine de congés payés est créée. L’ordonnance de mars 1982 fixe également le principe de la retraite à 60 ans pour une carrière complète, mesure qui entre en application en 1983. L’objectif est à la fois social et économique : redistribuer le revenu et soutenir la consommation. L’ordonnance du 26 mars 1982 ouvre la retraite à 60 ans à partir du 1er avril 1983 pour les assurés remplissant la durée de cotisation requise : la mesure doit donc être distinguée d’un droit automatique et uniforme pour tous les salariés.

La loi de nationalisation du 11 février 1982 étend fortement le secteur public. Elle concerne notamment de grands groupes industriels et de nombreuses banques. L’État veut orienter l’investissement, restructurer l’appareil productif et contrôler une part importante du crédit. Cette politique prolonge une tradition française d’économie mixte, mais avec une ampleur nouvelle depuis les nationalisations de l’après-guerre.

Le programme dépasse l’économie. La suppression de la peine capitale, la décentralisation, les lois Auroux et la libéralisation de l’audiovisuel modifient les institutions et les droits. La rupture n’est pourtant pas homogène : certaines mesures relèvent du socialisme traditionnel, d’autres d’un approfondissement des libertés individuelles. Dès 1982, l’inflation, les déficits extérieurs et la pression sur le franc obligent le gouvernement à ralentir la relance.