Les dégradations environnementales n’atteignent pas toutes les populations de la même manière : les risques se concentrent souvent là où les habitants disposent de moins de ressources pour s’en protéger. Les installations industrielles, les axes routiers, les décharges ou les zones soumises à des risques naturels concernent souvent davantage des territoires socialement défavorisés. Aux États-Unis, des mobilisations locales apparues notamment dans les années 1980 dénoncent le fait que certaines communautés disposent de moins de moyens pour empêcher l’installation d’activités polluantes ou obtenir des réparations. La notion de racisme environnemental met l’accent sur la dimension raciale de certaines inégalités historiques d’aménagement et de protection sanitaire.
La notion de justice climatique transpose cette question des inégalités à l’échelle mondiale et entre générations. Des États et des populations ayant peu contribué à l’accumulation historique de gaz à effet de serre peuvent subir de fortes conséquences du réchauffement, notamment dans les régions insulaires, les littoraux très peuplés ou les zones agricoles vulnérables. Les ressources disponibles pour protéger les infrastructures, assurer l’accès à l’eau ou financer des reconversions économiques sont également inégalement réparties. D’où la place prise, dans les négociations climatiques, par l’adaptation, les financements internationaux et les mécanismes relatifs aux pertes et préjudices.
La justice environnementale ne concerne pas uniquement la répartition des pollutions : elle suppose également que les populations puissent accéder à l’information et participer aux décisions qui les touchent. À l’échelle mondiale, la justice climatique ajoute la question des responsabilités historiques et des moyens financiers disponibles pour s’adapter. Les instruments de transition doivent être examinés sous cet angle, car une politique efficace sur les émissions peut créer de nouvelles difficultés sociales si ses coûts pèsent surtout sur les ménages fragiles. L’enjeu consiste donc à articuler protection de l’environnement, équité des charges et qualité démocratique des choix publics.
