La politique climatique extérieure des États-Unis se distingue par ses revirements : le pays joue un rôle majeur dans les négociations tout en s’écartant à plusieurs reprises des engagements collectifs. Lors des négociations du protocole de Kyoto de 1997, Washington défend l’idée d’une participation plus large des grandes économies, notamment émergentes. Le Sénat américain adopte la même année la résolution Byrd-Hagel, exprimant son opposition à un dispositif jugé déséquilibré ou économiquement pénalisant. Le président Bill Clinton signe néanmoins le protocole en 1998, sans obtenir sa ratification. Sous George W. Bush, l’administration refuse de poursuivre cette voie, ce qui affaiblit un accord conçu autour d'engagements contraignants pour les pays industrialisés.
L’administration Obama engage une orientation différente en soutenant la conclusion de l’accord de Paris. En 2015, les États-Unis participent activement à la conclusion de l’accord de Paris, construit sur des contributions nationales plutôt que sur une répartition uniforme des obligations. Ce choix facilite une adhésion américaine par les procédures exécutives, sans supprimer les oppositions du Congrès et les contentieux politiques. Donald Trump annonce en 2017 un premier retrait, devenu effectif en novembre 2020. Joe Biden engage le retour des États-Unis dès janvier 2021 et soutient des politiques industrielles et énergétiques favorables aux technologies décarbonées.
Ces changements successifs fragilisent la crédibilité internationale des engagements américains, car les partenaires ne peuvent présumer que les décisions d’une administration seront maintenues par la suivante. Ils montrent aussi les limites d’une lecture exclusivement fédérale : les États, les municipalités, les entreprises et les juridictions continuent de peser sur les trajectoires d’émissions. La diplomatie climatique des États-Unis doit ainsi être comprise comme un ensemble de politiques parfois convergentes, parfois contradictoires. Ce décalage entre puissance de négociation et stabilité des engagements constitue l’un des principaux obstacles à une coopération internationale prévisible.
