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FICHE 131

Michael Bloomberg et la diplomatie climatique des villes : agir malgré les désaccords entre États

Explorer ce thème dans le cours : Les États-Unis et l’environnement à l’échelle internationale : État, firmes et ONG

Michael Bloomberg a contribué à faire des grandes villes un acteur visible de la diplomatie climatique, dans un pays où les orientations fédérales connaissent de fortes alternances. Son action s’inscrit dans une transformation du rôle des métropoles : concentrant populations, logements, transports et activités économiques, elles disposent de leviers importants pour réduire certaines émissions et organiser l’adaptation aux risques. Lancé en 2007, le programme PlaNYC illustre cette approche, en articulant urbanisme, énergie, qualité de l’air et résilience. À l’échelle internationale, Bloomberg soutient ensuite des réseaux de collectivités et des initiatives philanthropiques spécialisées dans le climat.

Le réseau C40 Cities, fondé en 2005, permet aux métropoles d’échanger sur les transports, le logement et les infrastructures. Il permet de diffuser des expériences sur les transports publics, les bâtiments ou la gestion des déchets, tout en donnant une visibilité internationale à des autorités locales dépourvues de compétence diplomatique classique. Bloomberg contribue à renforcer les ressources du réseau et devient une figure de la coopération climatique infranationale. Cette action gagne en importance lorsque les politiques fédérales américaines s’éloignent des objectifs internationaux : des villes, des États fédérés et des entreprises cherchent alors à maintenir des engagements indépendamment du gouvernement central.

L’action de Bloomberg souligne l’importance prise par les réseaux de villes, qui peuvent partager des normes d’aménagement, des technologies et des politiques de transport. Elle prend une dimension particulière lors des retraits américains de l’accord de Paris : certaines collectivités et fondations cherchent à maintenir des coopérations et des financements. Cependant, une ville ne peut engager juridiquement un État dans un traité ni remplacer l’ensemble de ses instruments fiscaux et réglementaires. La diplomatie urbaine élargit ainsi les acteurs de la gouvernance climatique, sans supprimer la responsabilité déterminante des gouvernements nationaux dans la réalisation des engagements internationaux.