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Sous la présidence de Theodore Roosevelt, entre 1901 et 1909, la conservation des ressources naturelles devient un domaine d’intervention plus affirmé de l’État fédéral américain. Passionné par les grands espaces et la chasse, il a observé les conséquences du surpâturage et de la surexploitation des milieux. Il considère que la disparition des forêts, l’épuisement des sols et le gaspillage des ressources peuvent affaiblir la puissance future du pays. Dans une nation marquée par l’industrialisation et l’essor des grandes entreprises, la conservation est ainsi présentée comme un instrument de prévoyance nationale plutôt que comme un refus du développement.

Roosevelt donne à cette ambition de conservation des instruments fédéraux plus nombreux. Il soutient la création de l’United States Forest Service en 1905 et s’appuie sur Gifford Pinchot pour développer une gestion scientifique des forêts publiques. La loi sur les antiquités de 1906, l’Antiquities Act, lui permet également de protéger des sites naturels, historiques et archéologiques par la création de monuments nationaux. Durant sa présidence, environ 230 millions d’acres de terres fédérales bénéficient de mesures de protection. Il contribue à l’extension des réserves forestières et ornithologiques ainsi qu’à la préservation de paysages devenus emblématiques.

La conservation portée par Roosevelt vise d’abord la pérennité des ressources nécessaires au développement américain. Elle cherche à limiter le gaspillage et la captation de certains espaces par des intérêts privés, tout en maintenant des activités productives. Cette ambition n’empêche ni les conflits sur les usages des terres fédérales ni la marginalisation des droits des populations autochtones. L’État apparaît donc simultanément comme protecteur, gestionnaire et arbitre de l’exploitation. Les mesures prises au début du XXe siècle fondent durablement l’action fédérale environnementale, mais ne résolvent pas la question de savoir qui décide des espaces à préserver.