Le développement des hydrocarbures non conventionnels transforme au XXIe siècle les équilibres énergétiques américains, tout en relançant le débat sur leurs effets environnementaux. Les gisements de Barnett, au Texas, puis ceux de Bakken, de Marcellus et d’Eagle Ford, accompagnent la montée en puissance de ces nouvelles productions. Elle repose sur la combinaison de techniques développées sur plusieurs décennies et sur l’amélioration de leur rentabilité. L’innovation, l’investissement privé, l’existence de réseaux de transport et les caractéristiques du marché américain expliquent une diffusion rapide de cette production.
L’augmentation de l’offre nationale modifie les coûts énergétiques et les relations commerciales des États-Unis. L’offre intérieure accrue modifie les importations d’énergie, soutient certaines activités industrielles et donne à Washington de nouvelles marges de manœuvre dans ses relations internationales. Les exportations de gaz naturel liquéfié deviennent un instrument commercial et stratégique, notamment pour certains partenaires souhaitant diversifier leurs approvisionnements. Toutefois, les bénéfices varient selon les territoires et les fluctuations des prix. Une hausse de production ne garantit ni une indépendance totale face aux marchés mondiaux ni l’absence d’effets sur les économies locales.
L’essor des hydrocarbures non conventionnels modifie la balance énergétique des États-Unis et renforce leur place dans le commerce mondial du pétrole et du gaz. Il crée néanmoins des controverses sur les émissions de méthane, l’usage de l’eau, l’occupation des sols et la durabilité d’investissements dépendants des prix mondiaux. Les bénéfices économiques ne se distribuent pas uniformément entre entreprises, salariés et territoires concernés. Cette transformation rappelle qu’une augmentation de la production nationale peut accroître la puissance géopolitique tout en prolongeant la dépendance collective aux combustibles fossiles, au moment où les objectifs climatiques nécessitent une transition énergétique.
