Le musée de l’Acropole, inauguré en 2009, a été conçu en relation directe avec le Parthénon et la question de ses sculptures dispersées. Son architecture établit une relation visuelle directe avec le temple antique. La galerie consacrée aux sculptures du temple respecte l’orientation générale du monument et permet de comprendre la place originelle des différents fragments.
Le musée présente les éléments conservés en Grèce tout en rendant perceptibles les absences correspondant aux sculptures détenues notamment à Londres. Cette scénographie possède une portée scientifique, mais également diplomatique : elle montre qu’Athènes dispose d’un espace adapté à la conservation et à la présentation d’un ensemble réunifié. Elle affaiblit ainsi l’argument selon lequel le retour des œuvres serait impossible faute d’équipements appropriés. La disposition des fragments conservés à Athènes, complétée par des représentations des pièces manquantes, rend matériellement perceptible la dispersion de l’ensemble sculpté. Le musée ne prétend pas seulement protéger des œuvres : sa scénographie invite les visiteurs à imaginer leur réunion. L’architecture participe ainsi à une argumentation diplomatique tout en offrant un cadre scientifique de présentation.
Le musée de l’Acropole rend visible la relation entre les fragments préservés et l’édifice dont ils proviennent. Sa galerie propose une interprétation scientifique tout en matérialisant la demande de réunion des sculptures. L’inauguration de 2009 modifie ainsi l’équilibre argumentatif du débat : le manque d’infrastructures à Athènes n’apparaît plus comme une justification convaincante du maintien à Londres. Le cas démontre qu’un projet muséal peut agir sur une négociation diplomatique par sa conception même.
