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FICHE 187 / 238

Les 35 heures : réduction du temps de travail et débat sur l’emploi

La réduction de la durée légale du travail à 35 heures constitue l’une des réformes emblématiques du gouvernement Jospin. La première loi Aubry du 13 juin 1998 fixe l’objectif, tandis que la seconde, promulguée le 19 janvier 2000, précise les modalités d’application. La durée légale passe de 39 à 35 heures, d’abord pour les entreprises de plus de vingt salariés en 2000, puis pour les plus petites en 2002. Il ne s’agit pas d’un plafond absolu : les heures effectuées au-delà relèvent du régime des heures supplémentaires.

L’objectif affiché est de favoriser l’emploi en partageant le volume de travail, tout en encourageant la négociation collective et la réorganisation des entreprises. Des allégements de cotisations accompagnent la réforme. Son effet exact sur l’emploi reste débattu, car la période combine croissance soutenue, baisse du coût du travail et réorganisations productives. Les évaluations françaises attribuent généralement à l’ensemble du dispositif un effet positif sur l’emploi, mais les estimations varient selon les méthodes et la part attribuée à la seule baisse de la durée du travail.

La réforme transforme durablement l’organisation du temps de travail : annualisation, jours de réduction du temps de travail et négociations d’entreprise se développent. Elle devient aussi un marqueur idéologique majeur. Ses défenseurs y voient une modernisation sociale ; ses critiques dénoncent rigidités et coûts. L’enjeu historique est donc moins de trancher par un chiffre unique que de comprendre comment une politique du temps de travail combine emploi, productivité, salaire et organisation des entreprises.