Après l’échec du putsch, l’Union soviétique ne possède plus de centre politique incontesté. L’étape décisive vient d’Ukraine. Le 1er décembre 1991, plus de 90 % des votants approuvent l’indépendance proclamée en août. Le résultat concerne toutes les régions du pays, même si les niveaux de soutien varient. Il rend irréaliste le maintien d’une Union incluant ses trois principales républiques slaves contre la volonté de Kiev.
Le 8 décembre, Boris Eltsine pour la Russie, Leonid Kravtchouk pour l’Ukraine et Stanislav Chouchkevitch pour la Biélorussie signent les accords de Belovej. Ils déclarent que l’URSS « cesse d’exister » et créent la Communauté des États indépendants. Le 21 décembre, à Alma-Ata, huit autres anciennes républiques rejoignent le dispositif. Gorbatchev, qui défendait encore une union rénovée, n’a plus d’État réellement gouvernable à présider.
Le 25 décembre, il annonce sa démission de la présidence soviétique et le drapeau rouge est abaissé au Kremlin. La précision chronologique est importante : la dissolution institutionnelle est achevée le 26 décembre, lorsque le Soviet des Républiques adopte une déclaration constatant la fin de l’URSS. La disparition soviétique met fin à un État né en 1922 et au principal pilier de l’ordre bipolaire. Elle ne règle pourtant ni les frontières, ni les minorités, ni le partage des forces armées et de l’arsenal nucléaire, qui deviennent autant de problèmes du monde postsoviétique. La Fédération de Russie reprend ensuite le siège soviétique au Conseil de sécurité de l’ONU avec l’accord des autres anciennes républiques, tandis que le contrôle de l’arsenal nucléaire fait l’objet d’arrangements spécifiques. La succession internationale de l’URSS est donc partiellement organisée, mais elle ne se réduit pas à une simple continuité automatique.
