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FICHE 78

Le rapport Brundtland de 1987 : concilier développement économique et protection de l’environnement

Explorer ce thème dans le cours : Une notion historiquement construite

Créée en 1983 par les Nations unies, la commission présidée par Gro Harlem Brundtland cherche à relier les besoins du développement aux exigences de protection des milieux. Son rapport Notre avenir à tous, publié en 1987, popularise la notion de développement durable. Il souligne que les problèmes écologiques ne peuvent être séparés des inégalités de richesse et des besoins fondamentaux des populations.

La formule la plus connue du rapport définit le développement durable par la satisfaction des besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. Cette conception introduit une responsabilité intergénérationnelle : l’exploitation actuelle des ressources doit prendre en compte ses effets à long terme. Le rapport insiste également sur les besoins des populations pauvres et sur les limites imposées par les techniques, les institutions et la capacité des milieux à supporter les activités humaines. Le développement durable n’est donc pas synonyme de protection de la nature sans transformation sociale ; il appelle une réorientation des modes de production et des politiques publiques. La notion de développement durable ne fixe pas une solution économique unique. Elle déplace le débat vers la satisfaction des besoins présents, la justice sociale et la possibilité pour les générations futures de disposer de ressources suffisantes.

La définition du développement durable a fourni un langage commun aux gouvernements, aux entreprises et aux organisations internationales. Sa diffusion ne garantit cependant pas que les arbitrages soient résolus : les besoins de développement, la réduction des émissions et la préservation des ressources peuvent entrer en conflit à court terme. Le rapport Brundtland invite surtout à examiner les effets des décisions présentes sur les populations les plus vulnérables et sur les générations futures. Sa portée dépend, dès lors, des politiques concrètes adoptées au nom de cette ambition.