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FICHE 79

L’Anthropocène : l’humanité est-elle devenue une force de transformation planétaire ?

Explorer ce thème dans le cours : Un regard sur l’histoire de l’environnement

Le terme d’Anthropocène cherche à rendre compte de l’ampleur des transformations planétaires provoquées par les sociétés humaines. Popularisé notamment par le chimiste de l’atmosphère Paul Crutzen autour de l’an 2000, le terme met l’accent sur l’ampleur des transformations engendrées par l’industrialisation : émissions de gaz à effet de serre, artificialisation des sols, modification des cycles biogéochimiques et recul de la biodiversité. Il propose de penser ces phénomènes dans une perspective historique et géologique, au-delà des seuls problèmes locaux de pollution.

L’origine chronologique de cette transformation fait débat. Certains chercheurs mettent l’accent sur les sociétés agricoles anciennes, d’autres sur le recours massif aux combustibles fossiles à partir du XIXe siècle. La période de la « Grande Accélération », après 1945, est également privilégiée en raison de l’essor rapide de la consommation d’énergie, des transports, de la production industrielle et de multiples indicateurs environnementaux. Une proposition de formalisation de l’Anthropocène comme nouvelle époque géologique a été rejetée en mars 2024 par les instances internationales compétentes en stratigraphie. Le mot demeure largement employé dans les sciences humaines et environnementales, mais il ne constitue pas une époque officielle de l’échelle géologique. La proposition d’une nouvelle époque géologique ne doit pas être confondue avec la réalité des transformations humaines. Le rejet en 2024 d’une formalisation stratigraphique de l’Anthropocène laisse intacte la valeur du concept dans les sciences sociales et environnementales.

Le mot Anthropocène attire l’attention sur l’ampleur des perturbations produites par l’activité humaine, mais l’attribution de ces effets à une humanité indifférenciée reste contestée. Les responsabilités varient selon les époques, les niveaux de richesse et les modes de production. Le débat sur son statut géologique doit, par ailleurs, être distingué de son usage historique et politique : le rejet de sa formalisation comme époque par les instances stratigraphiques en 2024 n’annule pas la réalité des transformations étudiées. Le concept demeure donc utile à condition d’en préciser le sens.