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En transformant Versailles en musée de l’Histoire de France, Louis-Philippe cherche à donner à sa monarchie un récit national fédérateur. Le projet est consacré « à toutes les gloires de la France ». Inauguré en 1837, cet ensemble muséal réunit peintures historiques, portraits et représentations de batailles afin de réunir des épisodes longtemps associés à des familles politiques rivales.

Le projet intègre des épisodes de l’Ancien Régime, de la Révolution et de l’Empire. Il ne se contente pas de conserver les salles du palais : il transforme profondément certains espaces pour accueillir des collections, notamment la galerie des Batailles. Le roi entend inscrire sa propre dynastie dans une histoire longue de la nation et faire du château un lieu de réconciliation symbolique. Le choix des événements et des personnages reste toutefois sélectif et sert une vision politique particulière. Le choix de la galerie des Batailles donne à cette entreprise sa forme la plus visible. Les peintures rassemblent des épisodes allant de différentes périodes de l’histoire française et inscrivent les conquêtes, les souverains et les chefs militaires dans une même continuité. Ce récit n’est pas neutre : en sélectionnant certaines figures, la monarchie de Juillet cherche à produire une mémoire nationale qui la rende acceptable.

Le musée de 1837 conserve une part importante des représentations historiques commandées sous la monarchie de Juillet, mais il façonne aussi une lecture sélective du passé. La galerie des Batailles donne une place centrale à l’histoire militaire et aux figures capables d’incarner la continuité nationale. Les choix de Louis-Philippe montrent comment un ancien palais du pouvoir devient un instrument de mémoire publique, sans cesser de contribuer à la légitimation du régime qui l’aménage.