Venise a engagé en 2024 une expérimentation singulière : demander une contribution d’accès à une partie des visiteurs venant à la journée. Le dispositif concerne des dates et des horaires définis, avec plusieurs catégories d’exemption, notamment pour des personnes ayant un lien particulier avec la ville. L’objectif affiché est de mieux connaître les flux, de répartir une partie des charges touristiques et de favoriser une gestion plus durable de l’espace urbain. En 2026, la municipalité prévoit son application durant soixante journées non consécutives entre avril et juillet.
Ce mécanisme repose sur un raisonnement économique : faire contribuer les visiteurs d’une journée aux coûts collectifs engendrés par leur présence, comme l’entretien, la propreté ou la régulation de l’espace public. Toutefois, une contribution relativement modeste peut être insuffisante pour modifier sensiblement les décisions de voyage, surtout dans une destination mondialement connue. Le dispositif suppose également des procédures de contrôle et doit éviter de pénaliser les personnes venues pour travailler, étudier ou rendre visite à des proches. Son efficacité ne peut se juger uniquement aux recettes perçues. Le tarif agit surtout sur le comportement des visiteurs dont la venue dépend du coût de la journée. Il pèse moins sur des clientèles aisées ou sur les flux organisés longtemps à l’avance ; son efficacité doit donc être évaluée à partir des fréquentations observées.
La mesure peut contribuer au financement de la gestion des flux et rendre plus visibles les coûts de la fréquentation. Son efficacité réelle exige toutefois des évaluations : nombre de visiteurs déplacés vers d’autres dates, évolution de la densité dans les rues et recettes effectivement consacrées aux services collectifs. Elle ne répond pas directement à la raréfaction des logements ni aux effets des hébergements touristiques. Venise expérimente ainsi un instrument de régulation utile, mais dont la portée dépend d’une politique urbaine et résidentielle plus large.
